


Figure majeure de la scène artistique allemande, A.R Penck né Ralf Winkler à Dresde en 1939, subit la guerre, la destruction de sa ville et la division de son pays qui le marquent profondément.
Lorsqu’il découvre la peinture à travers un livre sur l’impressionnisme trouvé dans les ruines, un monde nouveau s’ouvre à lui, qu’il décide d’explorer en autodidacte en se consacrant à l’étude de la peinture, de la sculpture, de la poésie et de la musique.
En 1961, alors que s’érige le Mur de Berlin, il peint des Images du Monde (Weltbilder), toiles inspirées des peintures pariétales de la préhistoire. Loin du réalisme socialiste prôné par le régime soviétique, son œuvre aux lignes simplifiées et aux signes idéographiques fut condamnée par les autorités est-allemandes, l’obligeant à n’envisager ses activités artistiques que sous le mode de la clandestinité (Untergrund).
Ainsi, en 1969, passant outre les interdictions soviétiques, il exposa pour la première fois à l’Ouest, chez le galeriste Michael Werner, sous le pseudonyme A. R. Penck, faisant référence à un géologue du XIXème siècle, spécialiste de l’ère glacière. Véritable caméléon, cet artiste changea régulièrement de nom, comme en 1973, où il devint Mike Hammer (héros de roman policier) réalisant sous ce pseudonyme des séries d’œuvres plus abstraites et gestuelles.
Loin de la pensée dictatoriale unique et intolérante, Penck a travaillé à rendre l´universel communicable en élaborant un idiome capable de transgresser toutes les frontières qui séparent les hommes. En développant le concept du Standart, Penck a mis au point un langage pictural composé de signes et de symboles élémentaires appréhensibles et reproductibles par tous.
Destitué de sa nationalité est-allemande, Penck fut contraint à l’exil en 1980. Installé à l’Ouest, la couleur pénètre de plus en plus pleinement ses œuvres, qui se font aussi plus expressives. Alternant figuration abstractisée et abstraction figurée, Penck empruntera les années suivantes des chemins quelques fois différents ou complémentaires, en poursuivant néanmoins toujours la même quête : rendre tangible ce lien invisible et universel qui nous unit tous, celui de l’humanité.


