


Dans leur approche nietzschéenne du temps, David McDermott & Peter McGough font coexister passé, présent et futur, en chaque instant, réfutant la construction linéaire du temps imposée par nos sociétés. McDermott & McGough explorent ainsi différentes périodes, dans leur mode de vie comme dans leur art, et choisissent leur époque de prédilection quelque part entre la moitié du XIXème siècle et les années 1960.
Quelle que soit l’époque incarnée dans leur œuvre picturale, photographique ou sculpturale, McDermott & McGough nous entraînent dans leur voyage temporel grâce à une scrupuleuse et minutieuse reproduction d’objets et de vêtements d’époque, donnant à leurs créations la plus grande authenticité possible et allant même jusqu’à y apposer les dates de l’époque explorée: 1877, 1915, 1931,1967…
Leur exigence de véracité, basée sur une connaissance encyclopédique de l’Histoire de l’Art, se traduit par l’utilisation des moyens techniques de l’époque, usant notamment en photographie d’appareils à chambre avec des tirages au cyanotype, au palladium ou à la gomme bichromatée, et travaillant toujours en peinture sur des toiles de lin, créant par exemple des portraits à la chandelle avec les Silhouette Portraits.
Cette exploration du passé permet à ces artistes de traiter régulièrement de grands sujets sociologiques et politiques, à l’instar du racisme et de l’homophobie, comme dans la série des Conspiracy Paintings, 1928 (1998), œuvres imitant les gravures satiriques de l’époque, qui amènent le spectateur à s’interroger par le biais de l’image.
Les clés de leur inspiration et de leur pensée si spécifique sont peut-être à trouver dans leurs toiles récentes qui reprennent l’iconographie des films noirs hollywoodiens et des comics des années 1960, dont ils figent la séquentialité afin de faire apparaître différents instants dans une seule et même toile.


